Santostefano Retouche, des masques en tissu à défaut de vêtements

Les réseaux d’agences et des Centres d’Affaires de Banque Populaire se mobilisent pour aider leurs clients Entreprises et professionnels à faire face à la crise économique provoquée par l’épidémie de Covid-19.

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L’activité de la petite entreprise s’est arrêtée après le 12 mars, avant de s’emballer à nouveau : pour le compte de sa mairie, elle pilote la fabrication de 360 000 masques en tissus.

Après l’allocution du président de la République, le 12 mars, tous les clients de Santostefano Retouche baissent le rideau. Implantée à Ris Orangis, dans l’Essonne, la petite entreprise artisanale travaille au profit d’enseignes locales de vêtements, comme les marques Celio, Bris, Naf Naf, Jules ou Levis ; la plupart occupent des boutiques situées dans des galeries commerciales. Deux fois par semaine, monsieur et madame Stantostefano font la tournée de leurs clients. Jamais de publicité. Leur réputation est faite depuis longtemps. Mais cette fois, cette entreprise qui travaille uniquement pour ces professionnels n’échappe pas à la crise, et ferme dans la foulée. Malgré sa bonne santé financière, le coup est rude, témoigne la dirigeante : « Bien que nous n’ayons pas de loyer, car notre atelier est chez nous, j’ai dû réduire mon salaire de moitié, car nous n’avions aucune visibilité sur l’avenir ». Précaution supplémentaire, elle active l’un des volets du plan de soutien de Bercy : le prêt garanti par l’Etat (« PGE»). « J’en avais entendu parler aux informations, mais c’est le coup de fil de mon banquier qui m’a convaincu. Cette fois encore, il a été très réactif, à notre écoute ».

Florissante et bien gérée, Santostefano Retouche est la cible idéale du « PGE », explique Stéphane Gohaut, le directeur de l’agence Banque Populaire de Ris Orangis. Dès le début du confinement, le banquier appelle un à un ses clients professionnels pour leur présenter le mécanisme de soutien financier : « Il s’agissait de les alerter en amont sur ce dispositif qui permet de faire face à d’éventuelles tensions de trésorerie. Les conditions du PGE sont extrêmement avantageuses, son montage simple et rapide. Entre le moment où le couple Santostefano m’a donné son accord et le bouclage du dossier, il s’est écoulé une semaine ». Cette ligne de crédit garantie par l’Etat à 90% peut atteindre jusqu’à 25% du chiffre d’affaires de 2019 de l’entreprise. Son remboursement peut être différé de 12 mois et s’étaler jusqu’à5 ans. La banque n’applique aucune marge sur le coût du crédit.

Les gérants Santostefano viennent d’opter pour 15 000 euros, soit environ 10% de leur chiffre d’affaires annuel. Dans leur cas, qui plus est, ils pourront peut-être activer la clause du remboursement anticipé. Car entre temps, leur entreprise a retrouvé un petit revenu. Très vite, les dirigeants ont proposé leur concours bénévole pour confectionner des masques en tissus homologués Afnor. Le maire de Ris Orangis, Stéphane Raffalli, répond aussitôt présent. Les voilà chargés de former et d’organiser le travail d’une poignée d’employés municipaux volontaires et d’habitants bénévoles dans un gymnase de la ville. Au départ, il s’agissait de fabriquer un masque par habitant, soit 30 000 exemplaires. Et puis l’initiative séduit les communes à la ronde, à telle enseigne qu’aujourd’hui, la commande est passé à 360 000 masques ! Pour y parvenir, monsieur et madame Santostefano ont apporté leurs machines et convaincu leur maire d’acquérir des ciseaux électriques, des machines à coudre professionnelles et des tables de montage. Ce changement d’échelle s’est accompagné de la signature d’une convention de prestation de service entre la mairie et Santostefano Retouche. La rémunération induite est une bonne surprise pour ces dirigeants, dont l’investissement est total, et les perspectives de reprise d’activité sont encore très floues.

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