Plus que jamais, nos entreprises ont besoin de partenaires de confiance

Interview croisée de Jérome Bonnet, Directeur Général de Pramex, et d'Olivier Cervera, Directeur du marché des entreprises et institutionnels de Banque Populaire.

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Interview croisée de Jérome Bonnet, Directeur Général de Pramex, et d’Olivier Cervera, Directeur du marché des entreprises et institutionnels de Banque Populaire.

Jérôme Bonnet, cette crise vient-elle confirmer les inflexions stratégiques des sociétés françaises à l’international relevées dans les résultats du baromètre Pramex 2019 ?

De Singapour à San Francisco, en passant par Hong Kong, nos bureaux dans le monde constatent globalement un maintien de la demande des entreprises. Vous vous rendrez compte à la lecture de cette publication que les dernières analyses faites à la rentrée 2020 par nos experts et nos entrepreneurs témoins peuvent contredire parfois cette vision. Cela souligne combien la situation est encore très évolutive. Nous y verrons un peu plus clair début 2021.

Olivier Cervera, mesurez-vous les effets du plan de soutien public massif à destination de nos entreprises ?

Il faut se féliciter de ce plan. Je note que de nombreuses entreprises ayant souscrit un prêt garanti par l’État (PGE) ne l’ont pas encore utilisé. Grâce aux autres mesures, la plupart d’entre elles n’éprouvent donc pas encore de difficultés de trésorerie. Mais comme l’a justement indiqué Jérôme Bonnet, il faut rester prudent. Les entreprises sont encore sous le choc et soutenues par des différentes mesures mises en place dans l’urgence (PGE, reports d’échéances…). Elles reprendront vraiment pied dans la réalité fin 2020 et début 2021.

Comment ont réagi les entreprises très internationalisées ?

J. B. Elles se sont évidemment réjouies de cette aide d’urgence, qui leur a permis de résister dans la tempête. Dans plusieurs pays, leurs filiales ont aussi bénéficié d’un important soutien public. Je pense à l’Allemagne, à l’Espagne, à l’Italie ou encore à Singapour. Aux États-Unis, les interventions ont été plus restrictives. La crise a globalement validé le bien-fondé de leur présence à l’international. Elles ont pu diversifier leurs risques.

Quels types de besoins expriment aujourd’hui ces entreprises ?

O. C. Certaines ont pris conscience de nouvelles vulnérabilités ou dépendances, en particulier vis-à-vis de la Chine. Elles doivent rapidement auditer leurs cycles internes et établir de nouveaux équilibres. Cela peut passer jusqu’à des stratégies de relocalisation. Pour financer leurs futurs ajustements, elles pourront puiser dans un nouveau dispositif conçu pour muscler leurs fonds propres. Après les avoir accompagnées en urgence pour sécuriser leur trésorerie, l’État a initié avec les banques une démarche pour consolider dans la durée les entreprises viables et positionnées sur des marchés porteurs. Ces échanges devraient donner naissance en 2021 à une nouvelle formule de « prêt participatif », équivalant en fait à l’octroi de quasi fonds propres.

J. B. Comme je vous l’ai indiqué en préambule, nous constatons que beaucoup d’entreprises internationalisées repartent de l’avant : elles doivent être soutenues. Pour preuve, notre chiffre d’affaires est stable au premier semestre. De juin à août, nous avons signé autant de dossiers que de janvier à mars. Ces résultats corroborent les conclusions de l’étude du Medef et du Mouvement des ETI (Meti) sur les intentions post-Covid des entreprises de taille intermédiaire (ETI) :
« La crise n’a pas entravé l’esprit de conquête qui caractérise les ETI, même si elles en ressortent fragilisées. »

Quels enseignements tirez-vous de la crise sanitaire dans la façon d’accompagner les entreprises à l’international ?

O. C. Nos entreprises ont d’abord besoin de partenaires de confiance. Les Banques Populaires ont toujours été à leurs côtés pendant la crise pour garantir le traitement de leurs opérations à l’international. Au-delà des produits financiers, ces entreprises attendent de plus en plus de conseils stratégiques et des informations fiables sur les marchés. Avec le réseau des Banques Populaires et Pramex, nous sommes en mesure de leur proposer une gamme complète de services à haute valeur ajoutée.

J. B. Cette crise a mis en valeur la pertinence et l’utilité de Pramex. La digitalisation de tous nos processus a évité des ruptures de services au moment du confinement. Grâce à la stabilité de nos équipes déployées dans le monde et à notre investissement dans des structures locales, nos clients ont des points de référence fixes. Ils savent toujours à qui parler en cas d’urgence, connaissent leurs interlocuteurs. Des sociétés se tournent aujourd’hui vers nous car elles mesurent mieux cette plus-value. L’année dernière, nous avions décidé de consolider nos bases dans le top 15 des destinations privilégiées des entreprises françaises. Ce pari a été gagnant.

Retrouvez l’ensemble des interviews de l’édition de Pramex 2020 ici :

Découvrez les belles histoires d’entreprises engagées à l’international et accompagnées par Banque Populaire.