Le développement à l’international : un gage de réussite

Les entreprises françaises n’ont pas le choix : si elles veulent continuer de croître, elles doivent absolument jouer la carte de l’international.

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Si, depuis 15 ans, la croissance française est restée faible (1 % par an en moyenne), celle de la planète est demeurée vigoureuse : 3,5 % chaque année. Un écart qui va d’ailleurs perdurer au cours de la prochaine décennie. Dans ce cadre, les entreprises françaises n’ont pas le choix : si elles veulent continuer de croître, elles doivent absolument jouer la carte de l’international.

Certes, après avoir rebondi à 3,8 % en 2017, puis reculé à environ 3,3 % en 2018, la croissance mondiale devrait tomber vers 2,8 % en 2019 et 2020. Ce qui restera un résultat très appréciable. Comme cela s’observe depuis bientôt 20 ans, cette dynamique mondiale sera principalement tractée par le monde émergent. En Chine, la progression du PIB devrait ainsi atteindre 6 %, contre 6,6 % en 2018 et 6,9 % en 2017. Quant à celle de l’Inde, après avoir rebondi à 7,3 % en 2018, contre 6,3 % en 2017, elle devrait se stabiliser autour des 7 % en 2019 et 2020. Enfin, le Brésil devrait enregistrer une variation de son PIB d’environ 2,5 %.

La Chine et l’Inde loin devant

En fait, les dangers et les ralentissements massifs se concentreront principalement sur le monde développé. À commencer par son leader, en l’occurrence les États-Unis. Après avoir réussi l’exploit de relancer la croissance américaine en 2018 malgré un cycle en bout de course, le président Trump aura du mal à rééditer la performance cette année. En effet, compte tenu d’un déficit public et d’une dette fédérale déjà très élevés (respectivement 4,6 % et 108 % du PIB), les risques de nouveau dépassement du plafond autorisé pour la dette publique et de son corollaire, le shutdown (c’est-à-dire le blocage de l’administration américaine), sont particulièrement forts. Autrement dit, après avoir rebondi à 2,9 % en 2018, la croissance des États-Unis devrait de nouveau ralentir pour atteindre les 2,3 % en 2019. Rien de très flamboyant, mais beaucoup plus que ce qui s’observera dans la zone euro.

Car soyons clairs : le principal risque qui menace l’avenir de la sphère économico-financière internationale réside dans une instabilité politique, économique et sociétale de l’Europe dans son ensemble. Avec deux dangers majeurs : un Brexit sans accord, et un dérapage de la crise italienne. Si nous pouvons bien sûr espérer que la raison l’emportera, il est d’ores et déjà clair que la croissance ralentira en 2019 dans l’ensemble des pays européens. Celle-ci devrait ainsi tomber aux alentours de 1,2 % tant au Royaume-Uni qu’en Allemagne et dans la zone euro.

La palme de l’atonie économique sera décrochée par l’Italie, avec une croissance proche de 0 %. À l’inverse, certains pays européens continueront à tirer leur épingle du jeu en réalisant une belle progression de leur PIB : près de 3 % pour l’Irlande, et 2 % pour l’Espagne, le Portugal et même la Grèce.

De quoi rappeler qu’investir et exporter à travers l’Europe et le monde reste un gage de vigueur économique pour les entreprises françaises, comme le confirme d’ailleurs le baromètre Banque Populaire – Pramex.

N’oublions pas également que ce rayonnement à l’international doit s’accompagner d’au moins trois grandes caractéristiques : la qualité des produits et des services, la bonne spécialisation sectorielle et enfin la persévérance. Il ne faut effectivement pas quitter un pays parce qu’il connaît un ralentissement économique, voire une crise passagère : par exemple, en dépit de conditions difficiles, le Brésil, le Royaume-Uni voire l’Italie, sans oublier la Chine et l’Inde, demeurent de belles opportunités. Alors, cap sur l’international pour toutes et tous, de manière à sortir par le haut des crises passées et à venir !M

Marci Touati
Président du cabinet ACDEFI, auteur de plusieurs best-sellers, dont Un monde de bulles publié en septembre 2018.

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