La motivation des Français est toujours aussi forte

Entretien avec Ilaria Regondi, ministre conseillère aux affaires commerciales à l’Ambassade du Royaume-Uni en France

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Ministre conseillère aux affaires commerciales à l’Ambassade du Royaume-Uni en France, cette diplomate britannique est aussi l’adjointe du chef de la zone Europe du ministère du commerce international du gouvernement du Royaume-Uni (le DIT – Department for International Trade).

En 2019, la destination britannique devient la troisième préférée des Français. Êtes-vous surprise ?

Non, pas du tout. C’est ce que disent nos propres indicateurs : la France est le troisième investisseur étranger, après les Etats-Unis et l’Allemagne. Nos liens sont historiques et forts, les fondamentaux du Royaume-Uni solides. L’impact de la crise sanitaire est important, bien sûr, mais nos atouts structurels n’ont pas disparu. 

Après la crise sanitaire du printemps, comment se comportent les entreprises françaises ?

Elles sont toujours là ! Même s’il y a quelques dommages collatéraux, leur volonté de continuer à se développer chez nous est toujours aussi forte. Celles qui ont inscrit le Royaume-Uni dans leur stratégie d’internationalisation poursuivent leurs projets.

Votre économie a pourtant beaucoup souffert, en particulier les secteurs dépendant de la consommation…

Oui. Cependant, nous enregistrons des signaux prometteurs des sociétés françaises. Ce qui compte pour elle est la forte histoire et culture qui lient nos deux pays, la facilité à faire des affaires ici, l’appétit marqué de nos concitoyens pour le savoir-faire français. En voici quelques exemples. Les boulangeries Paul, présentes depuis 20 ans, ont ouvert une nouvelle boutique dans la capitale avec un service « click and collect » ; durant la période estivale, le commerce électronique a explosé. Le géant des jeux vidéo, Ubisoft, a agrandi sa plateforme de Newcastle de 14 000 M2 supplémentaires. Alstom travaille sur un projet de remplacement des moteurs diesel de nos locomotives par des piles à hydrogène. Vinci s’est associé avec un partenaire britannique pour construire les infrastructures du HS2, le futur TGV reliant Londres à Birmingham.

Comme en France, le Royaume-Uni est confronté au défi de la relance…

L’économie repart progressivement, avec une hausse du PIB de 6,6 % en juillet. Un rebond significatif est attendu en 2021. L’intervention du gouvernement a permis de soutenir des millions d’entreprises (y compris étrangères) et d’emplois. Son plan de soutien a totalisé près de 360 milliards d’euros (prêts garantis, gel de taxes, chômage partiel). Il a ensuite mis en œuvre un plan de 36 milliards pour l’emploi, dont un fond de 2,17 milliards d’euros pour soutenir les entreprises employant des jeunes menacés par le chômage de longue durée. Ce plan comporte un volet important pour soutenir la transition écologique. Le budget présenté à l’automne accentuera ces efforts.

Les négociations semblent se tendre…

Jusqu’à leur conclusion, il existe déjà un cadre : c’est celui qui a été négocié en 2019. Certains sujets font l’objet de divergences importantes avec Bruxelles. Lors des discussions bilatérales, nous avons abordé tous les dossiers, fait des propositions pour établir une concurrence ouverte et loyale avec nos partenaires européens. Le gouvernement britannique est convaincu de pouvoir arriver à un accord basé sur des normes élevées, normes que nous avons toujours respecté et continuerons de respecter.

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