L’Espagne, toujours aussi attractive pour les entreprises françaises

La treizième économie mondiale a été la troisième destination favorite des jeunes pousses, PME et ETI françaises pour s’implanter à l’étranger en 2018, selon le dernier baromètre Pramex.

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Interview de Diego Daccarett, Managing Director Spain, Pramex International.

Êtes-vous surpris par l’attractivité de l’Espagne ?

D.D. : Non, car l’Espagne tient son rang. En nombre de filiales françaises en stock, elle pointe à la quatrième place mondiale derrière les États-Unis, l’Allemagne et le Royaume-Uni. Ce marché est historique pour la France. L’effet proximité joue à plein. De surcroît, la conjoncture y est très favorable ces dernières années. Entre 2015 et 2018, l’économie a crû en moyenne de 3%. Pour 2019, les économistes anticipent encore au moins 2%.

Quelle Espagne séduit les Français ?

D.D. : Madrid et Barcelone attirent 80% des leurs projets. Mais ils s’installent aussi volontiers au Pays basque, en Andalousie, en Navarre ou Aragon.

La crise catalane n’aurait-elle pas eu vraiment d’impact ?

D.D. : Si, bien sûr. Avant 2017, le flux des investissements français était assez équilibré entre Barcelone et Madrid. Depuis, la capitale l’emporte nettement. Les Français ont réagi comme leurs concurrents. En 2016, l’ensemble des entreprises a investi 8 milliards d’euros à Barcelone et 11 milliards à Madrid. En 2018, c’est 2 milliards pour l’une et 30 milliards pour l’autre. Plus de 5 000 sociétés ont quitté Barcelone. Je note aussi que tous nos clients français déjà présents sont restés vu l’attrait indéniable de Barcelone.

Quels projets développent les Français en Espagne ?

D.D. : Au dela des grands groupes, quasi systématiquement déjà présents en Espagne, nos clients start-up, les PME et les ETI s’implantent dans des proportions quasi identiques. La grande majorité (61%) réalise des implantations à vocation commerciale, que ce soit sur les segments « B to B », « B to C » ou « B to B to C ». Beaucoup opèrent au profit de la grande distribution ou dans la restauration. À Madrid, les Français ont investi les services informatiques et logiciels ou le conseil. Nos jeunes pousses technologiques s’y taillent une place de choix.

Pourquoi nos jeunes pousses se sentent si à l’aise en Espagne ?

D.D. : À Madrid, elles ciblent en particulier les sièges sociaux des géants mondialisés, comme les banques Santander et BBVA, le groupe de construction ACS ou Inditex dans la mode. Globalement, le marché espagnol est plus attractif pour elles que le marché Nord européen. Il est moins saturé, en rattrapage, encore très ouvert et il existe un biais culturel fort ; l’héritage partagé du droit romain et la culture latine favorise les relations. Toutes ces raisons créent une forme de facilité pour vendre leurs solutions pour les entreprises, en particulier dans le commerce et l’e-commerce.

Est-ce que l’Espagne peut tirer profit des difficultés liées au Brexit au Royaume-Uni ?

D.D. : Pour nos clients, ce n’est pas l’Espagne plutôt que la Grande-Bretagne. Une entreprise qui cherche à s’internationaliser détermine un portefeuille de marchés cibles. Ces marchés sont complémentaires et non exclusifs les uns des autres. Les difficultés liées au Brexit peuvent impacter la stratégie de très grosses sociétés, mais pas celle des start-up et des PME. Au pire, cela modifie leur calendrier. Je connais une entreprise de logistique qui a mis en sommeil son implantation en Angleterre pour se concentrer sur l’Espagne. Dès qu’elle y verra plus clair, elle repartira à l’assaut des Iles Britanniques.

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