Gys : “la crise sanitaire a conforté notre stratégie de montée en gamme et d’internationalisation”

Grâce à son usine asiatique, l’ETI mayennaise a anticipé la crise sanitaire et gagne aujourd’hui des parts de marchés.

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Grâce à son usine asiatique, l’ETI mayennaise a anticipé la crise sanitaire et gagne aujourd’hui des parts de marchés.

La crise sanitaire a conforté la stratégie d’internationalisation de Gys, témoigne son président-directeur général, Bruno Bouygues. « Quand nous avons décidé d’attaquer les marchés étrangers, nous n’avions pas vraiment le choix. Nos produits montaient en gamme, nos efforts de R&D s’envolaient. Le marché français est rapidement devenu trop petit pour financer cette course à l’innovation ; en moins de 10 ans, les efforts de R&D ont été multipliés par un facteur six. La grave crise dont nous sortons à peine, a non seulement validé, mais conforté cette stratégie de montée en gamme et d’internationalisation. Notre implantation chinoise et notre présence en Asie nous ont permis d’avoir un temps d’avance et d’être l’un des seuls groupes européens dans le secteur à envisager de progresser cette année ». 
Fondée en 1964 près de Laval, en Mayenne, l’entreprise familiale Gys est devenue une belle ETI employant 730 personnes. Ce fabricant de matériel de soudage et d’équipements pour charger les batteries est présent dans 120 pays. Il est implanté en Grande-Bretagne, en Allemagne, en Italie, au Maroc et en Chine, où il a construit sa deuxième usine qui emploie 120 personnes et tourne à plein régime. Tout comme celle de Mayenne. Dans un marché mondial en berne, le groupe a profité de l’appel d’air post-confinement pour accélérer fortement. Tout s’est joué en janvier dernier. Lorsque le confinement s’abat progressivement sur la Chine, Bruno Bouygues est informé en direct par ses fournisseurs et son équipe de Shanghai. Aussitôt, Gys fait un premier pari et passe commande à tous ses partenaires pour augmenter ses stocks stratégiques à Laval, où il vient d’inaugurer un grand centre logistique. 

Redémarrage des chaînes de production à plein régime

Ensuite, il tire profit de l’expérience du confinement/déconfinement vécu par ses équipes chinoises, pour préparer ses implantations européennes à encaisser le choc psychologique et organisationnel du déferlement de la crise sanitaire. Ainsi, durant tout le confinement, le groupe continue à assurer le service de ses clients. Et, dès le redémarrage des chaînes de production, en avril, l’outil industriel tourne à plein rendement. À cet instant, Gys fait un second pari : une pénurie en Europe en sortie de confinement et un effet de rattrapage. Le marché lui donne vite raison. « Ceux qui ont pu redémarrer rapidement bénéficient d’une prime exceptionnelle, ceux qui sont restés en sous-régime vont devoir prendre des décisions difficiles ».
Confiant dans son plan de charge, pourvu d’une confortable trésorerie, le dirigeant a pris la décision d’investir rapidement dans des implantations sur tous les continents, en commençant par l’Italie, puis les Etats-Unis et l’Inde. Durant le confinement, il a pu mesurer la difficulté d’accompagner ses clients dans le monde sans présence locale ; aujourd’hui, ses équipes continuent à pâtir du manque de liaison aérienne intercontinentale. 

Un partenariat technologique avec Tesla

Des outils de visioconférences ont été mis en place. Les équipes sont sur le pied de guerre pour vendre les dernières innovations maison : des postes du soudage robotique (1,5 millions de lignes de codes) et des chargeurs de batterie connectés. Le constructeur Tesla vient d’ailleurs de sélectionner Gys comme partenaire technologique. Une belle feuille de route en perspective…

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