Le marché américain, attractif pour les start-up du secteur Tech

Novolyze, société spécialisée dans la sécurité alimentaire réalise l’essentiel de son activité aux Etats-Unis. Son président, Karim-Franck Khinouche, nous explique pourquoi ce pays est toujours attractif.

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Pouvez-vous nous présenter votre société ?

K-F. K. : Novolyze propose aux industriels de l’agroalimentaire des solutions pour réduire les risques d’infection alimentaire. Nos produits permettent de diminuer les problèmes de sécurité sanitaire rencontrés par les procédés d’échantillonnage aujourd’hui privilégiés par les industriels, des procédés qui ne détectent pas toutes les bactéries pathogènes. Nous avons développé une approche basée sur la validation biologique des procédés, et leur vérification digitale.

Notre activité conjugue celle d’un laboratoire, – nous produisons des bactéries non-pathogènes qui vont s’attaquer aux bactéries pathogènes -, et celle d’un développeur de logiciel, – nous avons mis au point des outils connectés qui permettent aux clients de mesurer en temps réel le risque de contamination de leurs chaines de production.

Nous réalisons 95% de notre chiffre d’affaires à l’international, et la société compte 17 personnes, dont deux sont installées aux Etats-Unis.

Pourquoi êtes-vous implanté outre-Atlantique ?

K-F. K. : Il s’agit de notre principal marché. Nous y réalisons plus de 60% de notre activité. La raison réside dans l’évolution réglementaire. Les pouvoirs publics ont mis à plat sous la présidence d’Obama le système de sécurité sanitaire. Ce qui offre des opportunités. Tous les grands noms de la Tech de la Silicon Valley investissent d’ailleurs dans des start-up spécialisées dans la sécurité alimentaire.

Nous sommes installés à San Francisco, car c’est là où toutes les start-up du secteur travaillent. C’est plus facile de se faire connaître, de recruter, …

Quelles ont été les difficultés rencontrées pour s’établir aux USA ?

K-F. K. : Nous n’avons pas eu de difficultés particulières. Le marché américain est beaucoup plus accessible que le nôtre. Le principal point de vigilance concerne le cadre juridique, plus stricte aux Etats-Unis. L’élaboration des contrats doit être particulièrement bordée.

Nous avons été accompagnés par une société basée à Boston. Elle nous a aidé dans nos démarches et mis en contact avec des partenaires sur place.

Est-ce que l’élection de Trump a constitué un frein ? A-t-elle eu un retentissement sur votre activité et vos projets ?

K-F. K. : En aucune façon. Son administration n’a rien changé aux missions et aux prérogatives de la FDA. Nous avions des craintes au sujet de son interventionnisme, mais elle n’a pas accéléré ni ralenti les évolutions réglementaires en cours.

Les start-up françaises vont en priorité aux USA : pour quelles raisons selon vous ?

K-F. K. : En premier lieu, en raison de la taille du marché domestique. Je dirai ensuite, même si cela peut paraître usité, pour l’ouverture d’esprit et la forte appétence pour les nouvelles technologies des gens et des sociétés. Il y a également une plus forte prise de risque. Il est plus facile aux Etats-Unis d’avoir accès aux grandes entreprises, qui ne vous demandent pas nécessairement un « track record » dans leur segment pour tester une nouvelle technologie, pour peu que le bénéfice ait été bien compris. D’ailleurs, nous travaillons avec la majorité des plus grands groupes américains du secteur.

Comment Banque Populaire vous a-t-elle aidé à vous développer et à exporter votre activité ?

K-F. K. : Nous avons reçu le soutien de David Alateinte, notre chargé d’affaires de Banque Populaire Bourgogne Franche Comté assez tôt dans notre développement. Il a mis en place des soutiens de financement efficaces. Nous avons continué avec lui, et je loue la qualité de la relation et son sens de l’écoute.

Quels sont vos projets d’innovation pour les prochains mois ?

K-F. K. : Nous avons des projets en continu. Nous souhaitons développer une offre intégrée pour améliorer la sécurité sanitaire des aliments sur la base de technologies existantes mais insuffisamment exploitées ou de technologies à inventer.

Nous visons également une première implantation en Asie en 2020.

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