Royaume Uni : produire sur place est un sérieux avantage

Forte de ses trois usines britanniques, le leader européen de l’emballage alimentaire met à profit le Brexit pour consolider ses positions.

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« Le Brexit ne change rien au fait que la Grande-Bretagne est un grand pays, avec un marché d’une taille comparable au nôtre. Notre groupe familial, dont la stratégie de développement est sous-tendue par des visions de très long terme, n’a aucune raison d’en partir », confie Laurent Lenne, le directeur financier du groupe franc-comtois Guillin.

Leader européen de l’emballage alimentaire, l’entreprise familiale fabrique ses produits dans 8 pays européens et exporte vers 80 destinations dans le monde entier. « Mieux, nous pensons que la situation actuelle nous ménage des opportunités : grâce à nos filiales, nous sommes anglais, nous produisons sur place, c’est un sérieux avantage sur ceux, par exemple, qui devront importer des produits à des conditions moins favorables après le Brexit ». Le groupe Guillin a déjà réalisé un coup de maître. En 2018, il fait l’acquisition auprès d’un concurrent allemand qui fabrique un plastique résistant aux hautes températures (le « CPET », dérivé du « PET » notamment utilisé pour les bouteilles) d’un ensemble d’actifs lui permettant de développer cette activité sur le marché anglais. Grâce à cette technologie qu’il ne possédait pas, et à quelques investissements supplémentaires, l’entreprise s’apprête à produire à échelle industrielle de nouvelles barquettes « allant au four » pour l’industrie agro-alimentaire.

L’aventure outre-Manche du groupe Guillin commence au milieu des années 90 avec la création d’une filiale commerciale chargée d’exporter sur ce marché stratégique.

Une filiale devenue un des leaders

En 2010, son implantation change de dimension, lorsque l’opportunité s’offre à elle d’acquérir la société Sharp Interpack, qui possède trois usines d’emballage. Rebaptisé Sharpak, ses filiales britanniques sont devenues des leaders sur leurs créneaux. Les 600 collaborateurs contribuent à hauteur de 19% à l’activité du groupe. « Comme tout le monde », concède Laurent Lenne, « Nous sommes très attentifs aux évolutions des négociations sur le Brexit, mais nos filiales s’autogèrent. Elles ont sécurisé leurs flux, compensé les effets de l’effondrement de la livre sterling. L’une des inquiétudes principales pourrait porter sur le devenir des collaborateurs qualifiés non britanniques. S’ils devaient quitter le pays, nous subirions les difficultés du marché du travail local : le très faible taux du chômage raréfie les compétences et accroît le turn over ».

De l’extrusion aux emballages en carton

Créée en 1972, l’ETI est la pionnière de l’emploi des techniques d’extrusion et de thermoformage pour fabriquer des emballages plastiques. Elle a accompagné la montée en puissance de la grande distribution sur le territoire français. En 1989, son fondateur, François Guillin, introduit une minorité du capital en bourse pour financer en particulier son internationalisation. Par cette stratégie, il ambitionne de compléter ses gammes de produits (12 000 références) et ses marchés (les métiers de bouche, les fruits et légumes, l’agro-alimentaire). Au terme d’une trentaine d’acquisitions, le groupe désormais piloté par sa fille, Sophie Guillin-Frappier, emploie 2 500 salariés et réalise 65% de son activité à l’étranger. Il affiche plus de 600 millions d’euros de chiffre d’affaires, dont 6% proviennent d’une activité de fabrication de chariots de livraison de repas pour les collectivités. Sa dernière acquisition date de décembre : la société Thiolat, qui lui offre son ticket d’entrée sur le segment des emballages en carton et papier. Jouer la carte de la diversité est un atout indéniable pour l’avenir.

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