L’apprentissage, indispensable pour s’implanter en Allemagne

Mondialisé à 98% pour servir au plus près ses clients, le leader des gaines et tubes de protection des réseaux électriques pour l’automobile mise gros sur son implantation allemande.

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Pour le leader mondial de la protection des réseaux embarqués pour l’automobile, qui réalise 215 millions d’euros de chiffre d’affaires et emploie 2 500 personnes, le marché allemand est hautement stratégique. Le fabricant franc-comtois des tubes plastiques et de gaines textiles, qui alimente tous les grands câbleurs de la planète automobile, accroît ses investissements sur place. Christophe Clerc, son vice-président précise : « l’écosystème bavarois est très fermé. Nos tentatives de le pénétrer via des bureaux commerciaux ont été vaines. En 2014, nous avons trouvé la clé en rachetant deux petites entreprises. Depuis, nous y investissons régulièrement. En 2018, cette implantation qui emploie 180 personnes, dont une partie en R&D, a absorbé un tiers de nos investissements. L’effort se poursuivit en 2019 avec de nouveaux équipements et de nouveaux produits fabriqués sur place ».  

Le recours à l’apprentissage, indispensable 

Pour réussir sa montée en puissance locale, l’industriel français tisse des liens étroits entre le monde de la formation initiale et l’industrie en Allemagne. Le dynamisme de l’apprentissage compense en partie les difficultés à recruter en raison de tensions sur le marché de l’emploi. Les différences culturelles rendent l’opération parfois délicate : « Nous sommes rôdés à intégrer des équipes aux quatre coins de la planète et c’est en Allemagne que cela s’avère le plus délicat », constate Christophe Clerc. 

Sans cette stratégie d’implantation, le Français n’aurait pas pu travailler avec les usines des câbleurs allemands Leoni, Schaeffler ou Conti installées en Chine, son second marché prioritaire. « Il faut être connu des bureaux de R&D et d’achat en amont. Une fois que l’on a intégré l’écosystème automobile germanique, ses débouchés mondiaux s’ouvrent, car il privilégie ses réseaux ». Au passage, Delfingen s’adosse à une industrie au fort pouvoir prescripteur au moment où l’automobile entre dans une nouvelle ère. « Daimler, BMW et Volkswagen ont pris avec un peu tard le virage de l’électrification. Mais elles réalisent actuellement des investissements colossaux. Comme ces marques coopèrent étroitement, leur pouvoir de normalisation et de standardisation sera très puissant ». 

98% de son activité à l’étranger 

Par la force des choses, l’équipementier familial de rang 2 coté en bourse réalise 98% de son activité à l’étranger. Quand les câbleurs ont quitté le territoire français pour des pays plus compétitifs, il a suivi le mouvement. Ses produits se transportent mal, il doit être au plus près de ses clients pour assurer une qualité de service optimale. Aujourd’hui, l’entreprise possède 26 usines dans une vingtaine de pays. Christophe Clerc compare son développement à celui d’un arbre : « tandis que nos branches se déploient à l’international, nos racines sont profondément ancrées dans notre terre natale ». A Anteuil, le siège historique, entre Besançon et Montbéliard, ses ingénieurs et techniciens s’efforcent d’innover pour répondre aux nouvelles contraintes liées à l’avènement des véhicules électriques, hybrides et connectés. « A l’origine assez simples, nos produits deviennent de plus en plus technologiques pour soutenir l’explosion du flux des données et des transferts de puissance, résister à l’agressivité croissante de l’environnement électromagnétique »

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