La Grande-Bretagne offre des perspectives de diversification

En 2016, la PME ouvre en Grande-Bretagne sa première filiale à l’international. Son dirigeant, Thomas Bertschy explique pourquoi il ne changera pas de stratégie.

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« Il était trop tard pour reculer quand les Britanniques décidèrent de quitter l’Union européenne, en votant oui au Brexit en juin 2016. Nous avions le financement, loué l’entrepôt, finalisé les recrutements. », témoigne Thomas Bertschy, le directeur général et co-héritier de la société Aquarium Systems. Fondée en 1983 par son père Alain, un passionné d’aquariophilie, cette PME de 40 personnes basée à Sarrebourg conçoit, fabrique et vend des produits et accessoires pour les aquariums. Le sel synthétique de mer constitue son savoir-faire historique. Son catalogue s’est enrichi de systèmes de chauffage, d’éclairage, de filtres, de bactéries pour filtrer l’eau et de contenants. Le sel provient toujours de son usine. Le reste est manufacturé en Italie et en Asie. Leader sur « une ultra niche », la PME est tournée depuis sa naissance vers l’international, où elle réalise 80% de son activité.  

Des perspectives de diversification 

Active dans soixante pays, Aquarium Systems a choisi la Grande-Bretagne pour créer sa première filiale. « Nous y avions vécu une expérience douloureuse de rachat et nous y sommes retournés car ce marché est stratégique. Nous n’en partirons pas. C’est le plus gros d’Europe, devant l’Allemagne. Il offre des perspectives de diversification. Nous y avons adapté nos savoir-faire en rayonnements UV au bénéfice des oiseaux et des reptiles, dont sont aussi très friands les Britanniques ». La filiale et sa dizaine de collaborateurs est localisée à Melton-Mowbray, au pays de la Formule 1 et du fromage. C’est le centre de l’Angleterre, un atout pour notre logistique. Le processus a été facilité par le recours à l’opérateur Pramex, explique le directeur général : « j’ai confié la paie et la TVA à l’équipe locale. Elle est en mesure de me fournir d’autres prestations à la carte, comme le traitement du contentieux juridique. C’est une solution simple et sécurisée parfaite pour une PME comme la nôtre ». 

Le scénario d’un “Brexit dur” 

Comme la plupart des entreprises françaises présentes en Grande-Bretagne, explique Thomas Bertschy, Aquarium System a opté depuis plusieurs mois déjà pour le scénario d’un Brexit dur : « cela fait deux ans et demi que nous sommes dans l’inconnu. Nous avons constitué des stocks pour tenir trois mois et nous avons gelé quelques projets. Le plus embêtant serait le rétablissement des tarifs douaniers qui renchérirait nos prix. Nous les avons déjà remontés pour compenser la chute du cours de la livre sterling par rapport à l’euro ». Cette évolution contribue à accélérer la mutation du secteur. « Les magasins d’animalerie, qui assurent la publicité gratuite de nos produits, cèdent le pas aux sites de vente en ligne, qui peuvent encore casser les prix ». Le phénomène touche les Etats-Unis, premier marché mondial de l’aquariophilie. La PME lorraine a toutefois décidé d’y localiser sa seconde s’implantation, qui vient de voir le jour : « il nous fallait être présent dans les bourses géantes où les consommateurs viennent désormais s’approvisionner. Et nous entretenons des liens avec des équipes de chercheurs américains. Tous nos produits ont une utilité scientifiquement démontrée ». 

Cap vers le Japon 

Pendant ce temps, Aquarium Systems s’active au Japon pour donner naissance à sa troisième filiale. Sur son marché le plus important, la PME amorce un virage stratégique crucial. Elle intègre la filière industrielle de l’élevage de poissons hors sol que le pays du Soleil Levant développe dans des aquariums géants. Après l’avoir testée avec le fugu, ils l’ouvrent au saumon. « Je suis persuadé que c’est l’avenir », confie Thomas Bertschy. La Chine, autre marché phare pour la PME, a déjà commencé à s’y engouffrer.

 

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