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Quand les start-up françaises osent l’international

Des dirigeants d'entreprise et des experts réunis mercredi soir à Paris ont répondu deux heures durant aux questions des créateurs de start-up voulant s’implanter à l’international. Une soirée débat placée sous le signe de l’audace et de la réussite.

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Les start-up françaises réussissent particulièrement bien à l’international. Pourquoi ? Comment ? Quelles leçons tirer de l’expérience des pionnières implantées en Europe et aux États-Unis ? Quels réseaux solliciter pour concevoir son projet et développer sa stratégie ?

Autant de questions auxquelles ont tenté de répondre les fondateurs de start-up prometteuses et les experts réunis le mercredi 7 juin 2017 par Banque Populaire et Pramex au siège du groupe bancaire à Paris.

Une soirée débat ouverte par la présentation des grandes lignes de l’enquête réalisée par Pramex sur l’implantation internationale des jeunes pousses tricolores.

« Le nombre de créations de start-up en France a augmenté de 20 % par an depuis 2006 », a noté d’entrée de jeu André Lenquette, directeur général de Pramex, en commentant les résultats de l’étude. Celle-ci montre selon lui que « l’internationalisation des start-up est en plein essor et directement liée à l’augmentation du nombre d’entreprises innovantes », avec plus de 200 créations de filiales en 2016. Des start-up qui cherchent à s’implanter d’abord aux États-Unis et en Grande-Bretagne, à New York et à Londres et, depuis deux ans, de plus en plus en Allemagne et en Espagne où Barcelone est devenue un hub très important. Mais également vers des zones très matures comme Hong Kong et Singapour pour pénétrer le marché asiatique.

La réussite de l’écosystème français

Une dynamique qui s’explique par l’écosystème entrepreneurial français « qui, en Europe, est celui qui s’est développé le plus vite en cinq ans », estime David Monteau, directeur de la mission French Tech au ministère de l’Économie. « La France est un acteur moteur dans la dynamique entrepreneuriale européenne. L’envie des start-up de se confronter aux marchés à l’international est de plus en plus importante », ajoute-t-il. Mais pour réussir il faut être bien accompagné, « c’est la clé », lance Cédric Valton, responsable Développement international Banque Populaire Rives de Paris. « Il faut se préparer en amont, sur le plan financier notamment, et ajuster la stratégie régulièrement », acquiesce Éric Malahieude, directeur financier de Lengow. Cette start-up nantaise a ainsi réalisé sa première levée de fonds significative « pour attaquer le marché international principalement européen ». Pour Jonathan Benhamou, fondateur de PeopleDoc, en direct des États-Unis par Skype, l’international oblige à « effacer tous ses préjugés pour repartir d’une feuille blanche et ne pas reproduire ce que l’on a fait en France ». En s’installant à New York avec sa famille, l’entrepreneur a fait sienne l’affirmation d’Éric Malahieude qui estime que « pour s’exporter, surtout aux États-Unis, il faut qu’un des fondateurs soit sur place ». Jonathan Benhamou ajoute que « pour développer son business aux États-Unis, il faut recruter des Américains ». Il confesse également avoir appris de ses erreurs outre-Atlantique : « Notre internationalisation au Royaume-Uni et en Allemagne s’est mieux passée. »

Les États-Unis en point de mire

Pour Nicolas Ferry de Pramex, lui aussi en duplex de New York, « [nous sommes là] pour faire le pont entre la France et les pays étrangers » et aider les start-up à réussir. En commençant par leur conseiller le meilleur lieu possible pour leur implantation. « Aux États-Unis, côtes Est et Ouest sont également favorables aux start-up. Il faut choisir la ville en fonction de ses clients et de ses partenaires, confirme depuis San Francisco Jérôme Lecat, fondateur de Scality. San Francisco est dotée d’une mono-industrie centrée sur les techs tandis que New York offre plus d’industries et d’écosystèmes dans la finance, le luxe, les nouvelles technologies. » « New York et San Francisco sont les deux villes les plus chères des États-Unis », met en garde Nicolas Ferry. « L’entreprise doit donc avoir les fonds nécessaires pour s’y installer durablement », ajoute Jérôme Lecat. « Avant de s’implanter, il peut être utile de considérer d’autres villes comme Boston », note à son tour le représentant de Pramex. Il insiste aussi sur la nécessité pour les start-up qui veulent s’implanter à l’international de « prendre en compte le coût local de gestion, des locaux, des ressources humaines » et de se faire accompagner « par des experts dans une logique d’approche globale ».

Toutes ces analyses et retours d’expériences, transmis par des acteurs de l’écosystème start-up, ont captivé la cinquantaine d’invités qui ont pu échanger directement avec les intervenants en seconde partie de soirée.

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