Boris Saragaglia

Spartoo : l’irrésistible ascension de la start-up française

Découvrez le portrait de Boris Saragaglia, fondateur de Spartoo, leader européen de la vente de chaussures sur Internet.

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Boris Saragaglia est ingénieur des Mines et diplômé d’HEC. Après avoir débuté sa carrière comme cadre dans de grands groupes industriels (Airbus, Total, Saint-Gobain), il crée la start-up Spartoo en 2006 à Grenoble, avec deux autres jeunes diplômés (Paul Lome et Jérémie Touchard). À 35 ans, ce jeune dirigeant d’entreprise, lauréat des MERCURE HEC des Entrepreneurs, poursuit sa route avec brio dans l’univers fortement concurrentiel de l’e-commerce. Il s’est prêté à notre jeu de questions-réponses.

Le déclic qui vous a amené à entreprendre ?

Il n’y a pas eu de déclic à proprement parler. Ce qui comptait, c’était le goût de la liberté et l’envie de vivre une aventure avec des personnes qui partageaient mes valeurs.

Une start-up qui vous a fait rêver ?

J’aime les choses qui durent. Je suis plutôt attiré par les entreprises pérennes comme Microsoft ou McDonald’s, qui ont pu changer le quotidien des gens avec une forte dimension internationale.

L’entrepreneur qui vous sert de modèle ?

Chaque entrepreneur a sa propre personnalité. Ce qui compte, ce sont les valeurs que l’on porte. À cet égard, je me sens proche d’un Bill Gates ou d’un Warren Buffet qui, tout en ayant beaucoup d’argent, demeurent attentifs aux autres, aux plus démunis. Je partage leur refus de l’héritage, de la transmission, et leur choix de léguer une partie de leur fortune à des fondations.

Votre ambition : développer votre chiffre d’affaires, augmenter la profitabilité de l’entreprise ou créer des emplois ?

La création d’emplois n’est que la conséquence du développement d’une entreprise. Mon objectif est donc de maximiser notre chiffre d’affaires en sécrétant un niveau de profitabilité correct qui nous permette d’investir pour nous développer et créer des emplois.

Vous préférez : être leader sur un marché national ou challenger sur un marché mondial ?

Sans hésitation, challenger sur un marché mondial, parce qu’il vaut mieux avoir la petite part d’un gros gâteau que l’inverse. En outre, cela rend plus intelligent d’avoir un périmètre d’investissement très large pour affronter la concurrence mondiale.

Une erreur à ne pas reproduire ?

Avoir fait confiance aux CV trop flatteurs de certains collaborateurs recrutés au début de l’aventure, en oubliant que le plus important est la capacité de l’individu à s’adapter à la spécificité d’une start-up exigeant de chacun une réelle créativité.

Votre plus belle réussite ?

Ce qui compte, c’est le projet que l’on mène chaque jour avec des personnes qui partagent les mêmes valeurs. On ne peut pas se poser la question de la réussite d’une entreprise après seulement dix ans d’existence.

Votre plus grande fierté ?

Il y en plusieurs : que les cofondateurs du départ soient toujours là, que l’entreprise soit réellement multiculturelle avec plus de 25 nationalités, et enfin que l’on soit réellement international avec plus de la moitié de notre activité réalisée à l’étranger.

Votre plus grand doute ?

Se demander si l’on est toujours au niveau d’excellence imposé par le Web.

Votre rêve ?

Simplement continuer de se développer en Europe et en Asie. Et il nous reste encore pas mal de sommets à conquérir, par exemple en Chine.

Si c’était à refaire, que feriez-vous différemment ?

Rien ! Nous avons toujours pris nos décisions en notre âme et conscience, même si les résultats n’ont pas toujours été à la hauteur de nos espérances. Nous étudions beaucoup les dossiers avant de nous engager, nous travaillons beaucoup. Après, nous n’avons pas de regrets.

Quel métier rêviez-vous d’exercer enfant ?

Pilote de ligne, parce que voler doit procurer un fantastique sentiment de liberté. Mais là non plus je n’ai pas de regrets, car entreprendre donne cette liberté.

La start-up Spartoo en chiffres :

Leader européen de la vente de chaussures sur Internet, la start-up Spartoo s’inspire du modèle américain de l’entreprise Zappos (vente de chaussures en ligne) créée en 1999, qui avait levé 20 millions de dollars en 2004. Spartoo emploie 400 personnes et a réalisé 150 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2016. Présente dans 25 pays, l’entreprise réalise plus de 50 % de ses ventes à l’étranger avec 3 500 marques.

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