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Les nouveaux modèles d’entreprise

Marc-Arthur Gauthey et Christian Vanizette incarnent une nouvelle génération d’entrepreneurs qui préfigure un nouveau modèle de travail.

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Marc-Arthur Gauthey et Christian Vanizette incarnent une nouvelle génération d’entrepreneurs qui préfigure un nouveau modèle de travail. Le contexte économique et l’émergence des nouvelles technologies ont amené notamment à repenser le modèle d’entreprise dans un objectif de rentabilité.

À l’appui de votre propre expérience de créateur de plateformes collaboratives, comment vous représentez-vous l’entreprise de demain ?

Marc-Arthur Gauthey : Je la perçois comme un vivier d’indépendances mises en commun, qui supplante l’ancien modèle du contrat et du poste fixe. Aujourd’hui, des travailleurs indépendants se regroupent pour répondre à des appels d’offres. Des projets sont proposés dans tous les domaines clés (santé, éducation, énergie). Des compétences individuelles font leur apparition, ainsi que des financements participatifs, pour les mettre en œuvre. Un modèle d’entreprise s’impose, différent de celui des grandes entreprises.

« Notre contexte économique nous pousse de plus en plus vers une configuration nouvelle et une très forte agilité. »

Quel est le levier de ce nouveau modèle d’entreprise ? Quel est son apport ?

M.-A. Gauthey : Le levier initial, c’est la volonté exprimée par une part croissante de jeunes de ma génération de travailler autrement. Le schéma de l’entreprise « classique », avec son organisation hiérarchique et les nombreux process qui peuvent ralentir le développement des projets, pointe ses limites.

Notre contexte économique nous pousse de plus en plus vers une configuration nouvelle et une très forte agilité. Les hiérarchies se réduisent pour laisser place à une mise en réseau de travailleurs indépendants, qui offre plus de souplesse et où chacun a beaucoup à gagner.

L’ère numérique a-t-elle forgé cette nouvelle manière d’entreprendre ?

M.-A. Gauthey : La seconde n’aurait pas eu lieu sans la première. Les nouvelles technologies sont des vecteurs de conception, de création et d’échange de savoirs qui nous rendent à la fois indépendants et en interaction permanente. Grâce au numérique, les barrières à l’entrée pour devenir entrepreneur sont devenues aisément franchissables. Je pense que les réseaux sociaux jouent un rôle déterminant dans le processus de décision. En comparant son profil à celui des autres, chacun identifie mieux ce qu’il peut apporter, mais aussi là où il veut progresser et évoluer.

Comment concevez-vous l’entreprise du futur ?

Christian Vanizette : Le nouveau modèle d’entreprise, que j’essaie de porter à travers MakeSense, consiste à dépasser ce paradigme où le taux de rentabilité et de croissance est envisagé comme un but en soi. L’objectif ne peut plus se réduire à la recherche de gains à court terme. L’entreprise de demain doit proposer des concepts simples, originaux et ingénieux pour répondre à nos défis actuels et futurs. Ceci vaut pour les grandes entreprises comme pour les PME.

« L’objectif d’une entreprise ne peut plus se réduire à des gains à court terme. »

Où situez-vous le sens de ces défis ?

C. Vanizette : Je me réfère ici en particulier au développement durable, c’est-à-dire le domaine ciblé par MakeSense. Nous proposons un modèle d’entreprise hybride. D’un côté, nos bénévoles proposent de résoudre les défis postés par des entrepreneurs sociaux sur notre plateforme, et de l’autre nous monnayons notre technologie auprès des entreprises et des universités autour de la résolution de leurs propres défis. Ce qui constitue un nouveau modèle, c’est d’avoir une activité entièrement consacrée à des causes sociales majeures et qui génère des revenus grâce à ses actifs. Personne ne peut plus ignorer l’importance de la préservation de l’écosystème. Même une entreprise du CAC 40 comme Veolia l’a compris en intégrant cet objectif à sa stratégie.

L’intégration de ces défis induirait donc une conception nouvelle de l’entreprise ?

C. Vanizette : Exactement. Dans une économie du savoir, vous ne pouvez pas motiver vos salariés uniquement sur de stricts critères de rentabilité immédiate. C’est en leur proposant des défis qui leur parlent et engagent leur avenir, et pas seulement professionnel, qu’ils trouvent une raison d’être à leur activité. C’est aussi un gain de temps en matière de sourcing interne et d’innovation. Nous mobilisons par exemple 600 collaborateurs chez l’entreprise SAP sur des défis d’entrepreneurs sociaux afin de donner du sens à leurs compétences et de mettre en valeur leur expertise métier.

 

Bio express de Marc-Arthur Gauthey :

Diplômé d’HEC, Marc-Arthur Gauthey s’est très vite intéressé à l’émergence d’une nouvelle dynamique entrepreneuriale en France. Le jeune entrepreneur et fondateur de Startup Assembly anime également le think tank et do tank OuiShare en France, spécialisé sur les questions de l’économie collaborative. Sa mission consiste à favoriser l’émergence d’une société collaborative en connectant les individus, les organisations et les idées autour de valeurs telles que la confiance, l’équité et le partage.

Bio express de Christian Vanizette :

Après une expérience au sein du département Innovation du géant des cartes à puce Gemalto, Christian Vanizette s’est lancé dans l’aventure de l’entrepreneuriat et a cofondé en 2005 la plateforme collaborative MakeSense. Sa vocation ? Accélérer l’impact des projets des entrepreneurs sociaux. MakeSense mobilise aujourd’hui plus de 15 000 bénévoles implantés dans une centaine de villes du monde entier pour répondre aux challenges de 700 entrepreneurs sociaux. Des services sont également proposés aux entreprises et aux universités.

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