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La notion importante est celle d’écosystème, les licornes grandissent sur un terreau favorable

David Monteau, directeur de la mission French Tech, ministère de l’Économie.

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d-monteau« Il fallait créer les conditions pour que les start-up françaises grandissent et puissent devenir des PME, des ETI voire des grands groupes. L’objectif ? Que l’une de ces jeunes pousses fasse partie du CAC 40 dans dix ans. » David Monteau, directeur de la mission French Tech à Bercy, résume ainsi l’ambition qui a présidé au lancement de ce chantier il y a trois ans, avec le soutien de l’État. « La notion importante est celle d’écosystème car les licornes (ces start-up qui sont valorisées un milliard de dollars, ndlr) n’émergent pas de nulle part, elles grandissent sur un terreau favorable », assure-t-il. L’enjeu : fédérer les différents partenaires de ces start-up partout en France pour renforcer la dynamique. « Il s’agissait de susciter un nouvel élan national en faveur des start-up, en mobilisant des acteurs privés et en encourageant leurs interactions, de façon à structurer l’écosystème de manière plus lisible », explique le directeur de la mission French Tech. À l’époque, la France accusait un certain retard par rapport à Londres et à Berlin. En l’espace de 36 mois, elle est passée devant l’Allemagne et talonne désormais le Royaume-Uni en matière d’investissement dans les start-up.

« Les choses ont progressé de façon spectaculaire avec, par exemple, un volume d’investissement multiplié par 2,5 en trois ans, se félicite David Monteau. Surtout, nous avons changé notre image de marque à l’international pour la rendre plus conforme à la réalité du bouillonnement entrepreneurial que nous constations sur le terrain. » Or, de l’avis de cet expert, cette émergence de l’innovation française sur la scène mondiale est très importante pour l’économie du pays en général, car elle attire à la fois les investisseurs et les talents dont les start-up ont besoin pour se développer très vite dans le monde.

Désormais, partout en France, il y a la promesse pour une start-up de trouver un environnement plus favorable avec des incubateurs, des investisseurs, des programmes de détection et d’accélération pour les pépites, une attractivité pour les meilleurs talents, des accès à des réseaux internationaux. « Dans l’accompagnement de la croissance des start-up et de leur développement mondial, il y avait un double enjeu, souligne David Monteau. D’abord il fallait surmonter un déficit culturel qui empêchait les entrepreneurs de se projeter avec ambition à l’international, ensuite il fallait leur donner les moyens d’aller vite pour se lancer rapidement hors de nos frontières. Pour cela, nous mettons en place un réseau des Français de la Tech dans le monde, qui se fédèrent dans 22 villes en communautés locales appelées French Tech Hubs, auxquelles tous les créateurs de start-up français peuvent se connecter. Nous n’accompagnons pas ces start-up à l’international mais nous leur ouvrons les portes de ce réseau qualifié car il n’y a rien de plus vertueux que de pouvoir échanger directement avec ses pairs. » Un réseau qui agrège des points de relais potentiels et des acteurs locaux de l’accompagnement pour faciliter l’implantation.

La French Tech cherche également à attirer en France des capitaux pour les levées de fonds. Elle joue enfin un rôle d’influenceur pour s’adresser aux talents et mieux faire connaître le savoir-faire français en matière d’innovation. « Nous organisons des opérations de communication internationale et nous réalisons avec des entrepreneurs de nombreuses opérations d’influence, parfois en marge de salons par exemple, insiste David Monteau. Le programme French Tech Ticket a aussi permis d’attirer en deux ans 250 entrepreneurs étrangers venus créer leur start-up en France, tandis que le programme French Tech Visa accélère l’octroi d’un titre de séjour à des talents internationaux de la Tech, notamment lorsqu’ils sont recrutés par certaines start-up de l’Hexagone. »

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