Matahi

Matahi, une start-up pleine d’énergie

La start-up concocte des boissons énergisantes à partir des fruits du baobab dans une logique éco-responsable.

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La jeune pousse languedocienne Matahi concocte des jus et des boissons énergisantes à partir des fruits du baobab. Elle s’approvisionne au Bénin auprès d’une coopérative de femmes dans une logique éco-responsable.

Tout le monde connaît le baobab africain, arbre symbole du continent. Mais qui sait que son fruit a des vertus exceptionnelles ? Sa pulpe est six fois plus riche en vitamine C que l’orange, contient trois fois plus de calcium que le lait, sept fois plus d’antioxydant que la grenade et six fois plus de potassium que la banane. Un miracle de la nature qui apporte de l’énergie, stimule les défenses immunitaires, renforce les os, prévient le vieillissement cellulaire et régule la tension artérielle. De très bons arguments pour s’imposer dans les rayons si convoités des compléments alimentaires et boissons énergisantes. À condition de trouver la bonne formule…

Le défi a été relevé par deux jeunes ingénieurs agronomes : Raphaël Girardin, 35 ans, et Alexandre Giora, 29 ans. En 2013, ils créent à Montpellier la société Matahi et, après deux ans de R&D en collaboration avec l’Inra, Montpellier Supagro (où la jeune pousse a été incubée) et Agro Paritech, mettent au point une nouvelle boisson.

Aujourd’hui, leur gamme comprend des jus de fruit de baobab (purs ou mélangés à la fleur d’hibiscus ou à la mangue) et des boissons énergisantes (à base de fruit de baobab, de baie de guarana, de citron, de gingembre). Le tout, évidemment, 100 % bio et naturel, sans colorant ni conservateur ou arôme artificiel.

La fabrication et l’embouteillage sont sous-traités à un prestataire à Avignon et les produits distribués dans le réseau des magasins bio. La start-up emploie huit personnes et commercialisera environ 300 000 bouteilles de ses jus cette année. Elle porte surtout haut l’étendard du développement durable dans la relation éco-responsable qu’elle a nouée avec ses fournisseurs africains.

« Nous faisons partie d’une génération qui prend en compte l’humain et la raréfaction des ressources, affirme Raphaël Girardin. Nous avons le devoir de changer les choses et de montrer l’exemple. Pour nous, Matahi est d’abord une aventure humaine, qui mêle innovation et respect de l’environnement, basée sur une relation durable et équitable avec nos producteurs. »

L’entreprise, qui s’approvisionne au Bénin, a encouragé la mise en place d’une coopérative de femmes dans le village de Natitingou qui emploie cinq personnes à temps plein et 400 durant la période de la récolte. Cette structure regroupe sept associations qui organisent la collecte des fruits de baobab et permet de faire vivre 400 familles. « Ensemble, nous réfléchissons aux actions à développer pour obtenir les meilleurs fruits possibles, explique Alexandre Giora, et nous aidons à les mettre en place pour faciliter le travail de la coopérative. » Avec l’ambition de rendre cette structure indépendante et profitable dans une logique de commerce équitable. En parallèle, la coopérative commercialise les graines des fruits de baobab dont l’huile est utilisée dans la cosmétique.

Matahi a également mis en place l’opération « Adopte un baobab ». Son objectif : soutenir la production locale en créant une pépinière de baobabs permettant d’assurer le développement durable de la coopérative. À ce jour, 2600 baobabs ont déjà été plantés.

Pour son financement, la start-up montpelliéraine a levé 1,5 million d’euros en octobre 2016 auprès de fonds d’investissement privés et obtenu des prêts de Bpifrance, du Crédit Agricole ainsi que de la Banque Populaire du Sud sous forme d’un prêt Innov&Plus de 150 000 euros pour accompagner son développement commercial. Elle rêve à présent de devenir partenaire des Jeux olympiques de Paris en 2024 pour faire connaître ses produits et son modèle d’entreprise au monde entier.

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