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L’ETI industrielle Acome fait rimer coopérative avec croissance

Acome est la plus grande société coopérative et participative de France. Découvrez le portrait de cette ETI innovante.

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La plus grande société coopérative et participative (Scop) de France est une ETI industrielle de pointe qui a su préserver son indépendance. En faisant de ses salariés associés les entrepreneurs de sa réussite.

L’archétype de l’ETI industrielle

À première vue, Acome est l’archétype de l’ETI industrielle : 2 000 salariés, 500 millions d’euros de chiffre d’affaires, une activité de conception-développement et fabrication de fils et câbles électriques et de fibres optiques, réalisée dans une douzaine d’usines en France et dans le monde. Ses clients : les télécoms et l’automobile, avec un carnet de commandes à 60 % international.

Plus qu’une ETI industrielle

En réalité, Acome est plus qu’une ETI industrielle : c’est aussi et surtout la plus grosse Scop de France. « C’est une véritable démarche entrepreneuriale qui est à la base de l’adoption de ce statut en 1932 pour rebondir en période de crise, explique Jacques de Heere, le PDG d’Acome. La totalité du capital appartient aux salariés associés qui votent lors de l’assemblée générale annuelle de l’entreprise selon le principe “un individu égale une voix”. » Le maintien farouche de son indépendance durant 85 ans n’est pas la moindre des qualités d’Acome. « La pérennité est un des gros avantages de ce modèle alternatif », souligne Jacques de Heere, les Scop ayant selon lui un taux de survivance à cinq ans de 10 points supérieur à celui des entreprises lambda. « Nous avons une gestion prudente à moyen et long terme, un peu comme une société familiale, explique le dirigeant nommé par le conseil d’administration comme dans n’importe quelle entreprise. À cette différence près qu’il n’y a pas ici d’actionnaire majoritaire pesant sur les décisions. Le dirigeant bénéficie donc d’une plus grande stabilité pour mener sa tâche à bien. »

Entreprendre en confiance

Traduction : la rémunération du capital ne commande pas la stratégie de développement et le statut de Scop oblige à une grande transparence dans le management. « Nous avons un mode de gestion très participatif, il faut expliquer pour faire adhérer les salariés associés à notre ambition et obtenir leur confiance, résume le PDG. Parce que tous sont par nature à la fois salariés et actionnaires, ils sont en fait réellement entrepreneurs et en capacité d’orienter les choix qui sont faits. »

Comme toute entreprise, la Scop peut être confrontée à des difficultés économiques lui imposant de réduire la voilure. « Au début des années 2000, nous avons dû mettre en place un plan de sauvegarde de l’emploi pour diminuer nos effectifs de 30 % », se souvient avec amertume Jacques de Heere. Depuis, l’entreprise de taille intermédiaire est repartie toutes voiles dehors avec la volonté d’accroître sa valeur ajoutée par l’innovation – « la R&D occupe 10 % de nos effectifs », souligne le dirigeant – et de continuer à faire vivre les territoires où elle est implantée. « Nous disposons de cinq usines dans le sud de la Manche où nous employons un millier de salariés et faisons vivre environ 5 000 personnes, se félicite le PDG. Nous sommes le dernier fabricant de fibres optiques en France, et un des plus gros centres de production de câbles en Europe. »

L’ETI Acome est un véritable fleuron industriel dans le monde rural qui se soucie, comme n’importe quelle entreprise, de créer de nouveaux produits, d’élargir son horizon et de pérenniser sa croissance, mais avec, sans doute, un petit supplément d’âme.

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