Michel Legras, Sarasin Actor

Sarasin Actor : financer une reprise d’entreprise

HAUTS-DE-FRANCE

L'ingénieur Michel Legras, devenu entrepreneur, a parié sur l'innovation pour redonner du souffle à une entreprise cinquantenaire.

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Sarasin Actor est une petite entreprise industrielle du Nord spécialisée dans la fabrication de motorisations de vannes industrielles. D’énormes robinets motorisés, automatisés, commandés à distance, pour ouvrir ou fermer des oléoducs, des gazoducs, des circuits hydrauliques d’installations nucléaires…

Quand il rachète l’entreprise en 2009, Michel Legras, ingénieur de formation jusque-là salarié de grands groupes aéronautiques ou automobiles, découvre un monde insoupçonné : ses clients sont des mastodontes – Total, GDF Suez, Alstom, Arkema, EDF, General Electric, Qatargas… –, leur terrain de jeu le monde entier. Et il réalise du même coup un vieux rêve : reprendre une entreprise, et devenir entrepreneur.

Michel Legras mène ensuite son projet à bien grâce à des fonds d’investissement et des partenaires bancaires, dont la Banque Populaire du Nord, qui financent une dette senior. Une fois la reprise d’entreprise financée, il se coule dans sa nouvelle entité d’entrepreneur… Depuis, la PME n’a eu de cesse de développer son activité pour gagner des parts de marché.
Michel Legras, Sarasin Actor - © Frédéric Stucin - La Company

Mes conseils à un repreneur

par Michel Legras, président de Sarasin Actor

1 – Reprendre une entreprise ? D’abord, bien définir son cahier des charges

J’avais un profil très ingénieur, je cherchais donc une société dont l’activité corresponde à mes compétences. Il ne faut pas reprendre une société informatique si l’on n’est pas informaticien. Mon expérience du management m’incitait également à chercher une entreprise un peu structurée avec une quinzaine de personnes et je savais dans quelle région je voulais m’installer. Tous ces éléments sont indispensables pour chercher et trouver l’entreprise idéale. Ensuite, il faut être capable de se projeter à trois et cinq ans.

2- Se (re)constituer un réseau : le défi d’un repreneur

Au départ, je suis parti d’une feuille blanche. J’ai battu la campagne pour rencontrer tout l’écosystème. À chaque rendez-vous, je demandais à mon interlocuteur un nouveau contact. Au final, j’ai rencontré 200 personnes en l’espace de trois mois. L’important, c’est ensuite de se faire accompagner pour bénéficier de bons conseils ; expert-comptable, juriste et surtout amis proches, capables de vous dire : « Je ne te vois pas dans cette activité. » J’ai en plus fait appel à un expert des fusions-acquisitions car mon dossier de reprise était un peu compliqué.

3- Être endurant

Il faut compter en moyenne 18 mois pour une opération de reprise d’entreprise réussie. J’ai mis 15 mois et j’étais à plein temps sur ce dossier environ 45 heures par semaine. Il faut donc savoir être patient et ne pas se décourager même en cas de très grosses déceptions, par exemple lorsqu’un cédant vous dit : « Désolé, mais ce n’est pas vous que je retiens. » Il faut garder le moral et rester confiant.

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