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Courbet réinvente la joaillerie en laboratoire

La joaillerie éthique, installée place Vendôme, à Paris, commercialise des bijoux composés d’or recyclé et de diamants de synthèse créés en laboratoire. Le pari de la disruption sur un marché du luxe encore très traditionnel.

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Une joaillerie écologique et éthique. C’est ce que propose la société Courbet, jeune entreprise du luxe enracinée dans le terreau fertile de la place Vendôme, à Paris. Créée en 2017, la start-up a ouvert son premier showroom au numéro 7 de la célèbre place au printemps 2018, avec l’ambition de révolutionner pas moins les codes de la joaillerie mondiale. Son fondateur Manuel Mallen, ancien dirigeant des filiales de Piaget en Espagne et en France, de la filiale française de Baume & Mercier, puis repreneur en 2013 de la maison Poiray à Paris, travaille depuis 30 ans dans ce secteur.

En 2017, il s’associe avec Marie-Ann Wachtmeister, créatrice suédoise de bijoux. De leur rencontre naît Courbet (un clin d’œil au célèbre peintre de la nature et de la femme, créateur disruptif du célèbre tableau « L’Origine du monde »).

« Nous n’utilisons pour nos bijoux que de l’or recyclé provenant majoritairement des composants électroniques des smartphones et des ordinateurs, et des diamants de laboratoire », explique Manuel Mallen.

 

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De l’industrie à la joaillerie

Ces diamants, créés à l’origine pour l’industrie, sont désormais, grâce à de nouvelles technologies, utilisables en joaillerie.

« En seulement quelques semaines, on peut reproduire, à partir de grains de carbone, des diamants bruts comparables à ceux que la nature a faits, s’enthousiasme Manuel Mallen. Il faut ensuite les tailler. Sur une vingtaine de pierres brutes obtenues en un mois pour une taille de 1 carat, sept s’avèrent très belles, sept sont moyennes et les autres ne sont utilisables que dans l’industrie. »

Les laboratoires diamantaires sont pour l’heure situés principalement aux États-Unis, mais également en Russie, en Chine et en Inde. « Nous travaillons avec un chercheur du CNRS pour développer un tel laboratoire en France d’ici la fin d’année », confie le fondateur de Courbet.

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Un pas de côté

Premier avantage de ces diamants de laboratoire : ils n’ont aucune empreinte environnementale, « quand on sait qu’il faut extraire 250 tonnes de minerai pour obtenir 1 carat de diamant », souligne Manuel Mallen. En outre, les gisements deviennent rares et les volumes de diamants extraits du sol vont diminuer de 2 % par an dans un futur proche. Les diamants de synthèse sont également moins chers d’environ 30 % par rapport aux diamants de mines « en raison du nombre réduit d’intermédiaires », affirme notre interlocuteur qui voulait être le premier sur ce nouveau marché à s’installer place Vendôme pour adopter tous les codes du luxe. « Nous faisons preuve de créativité et de savoir-faire joaillier pour fabriquer nos bijoux qui doivent d’abord être beaux, insiste-t-il. Pour cela, nous faisons appel à des artisans à Paris, Lyon et Milan, les mêmes qui travaillent pour l’ensemble de la place. »

La start-up pousse le raffinement jusqu’à utiliser du cuir et du carton recyclés pour ses écrins, dans la logique de son engagement environnemental. « Notre jeune clientèle n’est pas forcément fortunée – nos tarifs démarrent à 390 euros – mais elle est sensible aux arguments écologistes et nous répondons ainsi à toutes leurs envies », se félicite le dirigeant.

L’entreprise, dès sa création, a levé des fonds auprès de business angels et d’une grande marque de joaillerie de la place. Elle emploie aujourd’hui une dizaine de collaborateurs et s’apprête à inaugurer un nouveau showroom dans un grand magasin parisien, même si son principal canal de distribution reste la vente sur Internet.

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