L'intérim par Alphyr

Alphyr rebat les cartes de l’intérim

Le jeune groupe parisien développe un concept innovant de travail temporaire en franchise, avec trois marques spécialisées par secteur d’activité et profil de candidat.

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Alphyr a été créé en 2009 à Paris avec une grande ambition. Cette jeune pousse du travail temporaire s’est attaqué d’emblée à un marché colossal : l’intérim en France pèse quelque 20 milliards d’euros de chiffre d’affaires avec 1 500 enseignes, plus de 7 000 agences et 2 millions de personnes employées. En outre, trois acteurs majeurs se partagent 60 % du gâteau. La start-up s’est par ailleurs lancée dans la bataille en pleine crise économique. « C’était l’apocalypse, la fin du monde, avec un marché à moins 30 %, se souvient Alexandre Pham, président et cofondateur de l’entreprise. On nous prenait pour des fous. ».  Déjà implanté au Canada et en Italie, il veut grandir à l’international.

Trois marques opérationnelles

Pourtant, Alphyr fait très vite la preuve de son concept et ouvre sa première franchise un an plus tard. Elle en possède 84 aujourd’hui, avec une croissance annuelle supérieure à 30 %. Son credo : construire une relation de qualité avec ses clients donneurs d’ordre et les personnes qu’elle fait travailler. Ses maîtres-mots : proximité, disponibilité et réactivité. « Nous avons voulu allier le meilleur des deux mondes, les outils informatiques et juridiques des grands groupes et la niaque sur le terrain des petites structures », estime Alexandre Pham. Avec ses associés, il spécialise l’entreprise par typologie d’activité et profil d’intervenant.

Trois marques opérationnelles sont développées. Lynx RH recrute des Bac +2 à Bac +5 plus spécialement dans l’informatique, la comptabilité, la finance et l’assistanat de direction. Aquila RH cible les niveaux CAP à Bac dans le BTP, la logistique et l’industrie. Enfin, Vitalis Médical s’adresse, comme son nom l’indique, aux professions paramédicales.

« Le concept de la franchise dans le travail temporaire vient des États-Unis et du Canada, reconnaît le dirigeant. Nous l’avons adapté au marché français et européen, où nous sommes pour l’instant l’un des rares acteurs à le mettre en œuvre sur cette échelle. »

Recruter en intérim mais différemment

Le groupe Alphyr possède aujourd’hui une soixantaine de franchisés mono ou pluri-marques qui tous partagent sa culture de la différenciation. « Notre identité tient également dans notre volonté de recruter différemment les candidats à l’embauche en changeant les codes, affirme Alexandre Pham. Nos agences n’ont pas de vitrine sur la rue. Les candidats n’entrent pas déposer leur CV. Nous les recevons uniquement sur rendez-vous après une préqualification en fonction des besoins de nos clients, comme le font les cabinets de recrutement. »

Alphyr tient également à la polyvalence de ses collaborateurs qui sont à la fois en contact avec les donneurs d’ordre et les travailleurs intérimaires.

À n’en pas douter, la martingale est efficace puisque le groupe parisien pesait plus de 120 millions d’euros de volume d’affaires en 2017.

Pour consolider son développement, Alphyr a levé environ 20 millions d’euros auprès du fonds d’investissement Montefiore Investment en octobre 2017. Dans le même temps, il bénéficiait d’un prêt obligataire du nouveau fonds Eiffel Croissance Directe dont la Bred est partenaire.

Nominée l’an passé au classement L’Express-EY de la start-up de l’année, la jeune pousse et ses franchisés emploient désormais plus de 250 personnes et en font travailler chaque jour dix fois plus partout en France. « Depuis deux ans, nous avons également deux agences au Canada, à Québec et à Montréal, et nous venons d’ouvrir six agences en Italie », se félicite son président qui dit chercher les bons partenaires pour pousser les feux ailleurs en Europe, notamment en Allemagne et en Espagne.

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