Odile Allard, Fluoptics

Fluoptics, la pépite innovante des medtechs

AUVERGNE-RHôNE-ALPES

L'innovation high-tech ne suffit pas pour réussir. Il faut aussi des aides à la recherche et des financements au bon moment, et un timing parfait pour la mise sur le marché.

Partager cet article sur:

C’est en 2009 qu’Odile Allard, ingénieur en informatique, et son associé Philippe Rizo, responsable du laboratoire d’imagerie optique du CEA-Léti (le centre de transfert de technologies du Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives), créent l’entreprise Fluoptics.

Leur mission : innover dans l’entrepreunariat du secteur de la santé pour venir en aide aux malades atteints d’un cancer. Leur imagerie de fluorescence aide en effet les chirurgiens à mieux opérer en leur permettant de localiser avec précision des tumeurs cancéreuses invisibles à l’œil nu.

Aujourd’hui, Fluoptics est une pépite des medtechs (entreprises d’innovation et de recherche) hexagonales qui, avec 23 salariés, a réalisé en 2015 un chiffre d’affaires d’1,7 million d’euros, en hausse de 80 %.

Odile Allard, Fluoptics

Mes conseils aux créateurs de start-up

par Odile Allard, cofondatrice de Fluoptics

1- Savoir s’entourer des bonnes personnes

Lorsque j’ai créé Fluoptics, je savais bien qu’il me manquait un certain nombre de compétences pour mener à bien ce projet. Je n’ai pas hésité à recruter des personnes venues d’horizons très différents et qui n’avaient pas l’habitude de travailler ensemble, physicien, chimiste, biologiste, pour former une équipe performante. De même, je suis allée chercher des conseils auprès d’entrepreneurs plus expérimentés, capables de m’aider dans mon aventure d’entrepreneuriat innovant lié à la recherche et de m’éviter de commettre des erreurs de débutant.

2- Chercher de l’argent quand on en a !

J’ai très vite appris qu’il valait toujours mieux démarcher des partenaires financiers potentiels une fois obtenu le soutien d’autres investisseurs. L’aide à la recherche appelle l’aide à la recherche… C’est ce que j’ai fait en levant d’abord des fonds auprès de business angels régionaux et nationaux. Cet apport de capitaux a eu un effet de levier auprès des banques qui m’ont ensuite plus facilement accordé des prêts. La confiance des uns fait naître la confiance des autres.

3- Ne pas oublier que la finalité, c’est de vendre

Il ne faut jamais perdre de vue que l’ambition ultime d’un projet tel que Fluoptics est à visée commerciale : le but est certes de faire avancer les connaissances communes, mais aussi de pouvoir réussir en tant qu’entreprise. Quand on crée une start-up sur la base d’une innovation de rupture, on court le risque de concentrer tous ses efforts sur la R&D, qui devient de ce fait une fin en soi.
La finalité d’une start-up n’est pas de mettre au point un produit toujours plus performant, toujours plus innovant, mais de trouver son marché, de convaincre une clientèle cible qui sera prête à acheter ce produit et à l’utiliser au quotidien. Cette dynamique doit guider le chef d’entreprise pour créer de la valeur et développer l’entreprise. L’innovation, c’est l’ouverture de nouveaux marchés, la création de valeur et la création d’emplois.

Découvrez les belles histoires d’entreprises innovantes (start-up, PME et ETI) soutenues et accompagnées par Banque Populaire.